Les Capitales De L'exil
Un colonel au volant. Le Paris russe entre l'usine et l'office funèbre
Le passager nocturne d'un taxi parisien de la fin des années vingt connaissait le rituel. À l'accent du chauffeur, il demandait : « Russe ? » — puis, le hochement de tête obtenu, ajoutait sur un ton presque affirmatif : « Officier, sans doute. » Le chauffeur répondait sobrement : capitaine de cavalerie de tel régiment. Ou capitaine d'artillerie. Ou, cela arrivait, général. Le Russe au volant d'un taxi parisien était un type urbain de l'époque — héros d'anecdotes, de romans et d'échos de presse. Les journaux français décrivaient le phénomène avec un étonnement mêlé de respect : derrière le volant, il y avait un pays entier.
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